Réseaux et infrastructures

Particuliers et entreprises

Déni de service, simple ou distribué

DoS / DDoS

Un service est saturé ou rendu incapable de répondre aux utilisateurs légitimes.

Révision éditoriale : Comprendre : 2 min · Cas technique et détails : 5 min
Je pense être concerné : que faire ?
Illustration pédagogique : déni de service, simple ou distribué.

Comprendre et agir

À la fin de cette lecture, vous pourrez expliquer le piège et choisir une première réaction adaptée à votre rôle. Aucun prérequis informatique n’est nécessaire.

Une situation concrète

Un site ne répond plus pendant une affluence anormale. Des demandes ou paquets occupent ses ressources jusqu’à empêcher les visiteurs habituels d’y accéder. Une panne peut produire le même symptôme : l’origine malveillante doit être vérifiée.

Comment cela fonctionne

Un déni de service vise à rendre une ressource indisponible. Lorsqu’il provient de nombreuses sources, on parle de DDoS. L’attaque peut saturer une connexion, épuiser les capacités d’un serveur ou déclencher un traitement particulièrement coûteux. Le nombre de demandes n’est donc pas le seul facteur. Une attaque n’a pas besoin de voler des données pour causer un préjudice important.

Comment le piège fonctionne
  1. Une ressource est surchargée

    Connexion, serveur ou fonction.

  2. Les demandes normales attendent

    La capacité disponible est épuisée.

  3. Le service devient indisponible

    Sans vol de données nécessaire.

Les signes qui doivent attirer l’attention

  • La latence et les erreurs augmentent brutalement.
  • La bande passante, les connexions ou les ressources atteignent leurs limites.
  • Les demandes se concentrent sur une fonction coûteuse ou proviennent d’un ensemble inhabituel de sources.

Ces signes invitent à vérifier la situation. Pris isolément, ils ne prouvent pas tous qu’une attaque a réussi.

Ce que vous pouvez faire

Vos premiers réflexes

Consultez les informations de l’exploitant par un autre canal si un service est indisponible. Si votre propre connexion ou site est visé, contactez l’opérateur avec les horaires observés.

Si vous êtes responsable du service ou de l’organisation

Préparez avec l’hébergeur le filtrage d’urgence et un canal d’information indépendant. Surveillez le réseau autant que les fonctions coûteuses de l’application.

Le détail qui change toutUne idée reçue à corriger

Ajouter des serveurs ne règle pas nécessairement une saturation du lien réseau ou d’une dépendance unique.

À vous de décider

Un site ne répond plus. Cela prouve-t-il qu’il subit une attaque et que ses données ont été volées ?

Choisissez votre réponse et expliquez pourquoi avant de lire la correction.

Voir la réponse expliquée

Non. Une panne ou une affluence légitime peut aussi rendre le site indisponible. Consultez les informations de l’exploitant par un autre canal. Même si un déni de service est confirmé, l’indisponibilité ne prouve pas un vol de données.

Analyser un cas technique

Pour les personnes qui développent, administrent ou analysent les systèmes concernés. Commencez par « Comprendre et agir » si ces notions sont nouvelles pour vous.

Étude de cas fictive

Identifier la ressource saturée avant de choisir la protection

Trois services deviennent indisponibles, mais pour des raisons différentes. Le premier reçoit 9,8 Gbit/s avec un processeur peu sollicité : le lien réseau peut être saturé avant que le serveur ne manque de ressources. Le deuxième accumule les connexions. Le troisième consacre son processeur et sa base de données à des recherches coûteuses, malgré un débit plus faible.

La protection doit intervenir là où se situe la saturation. Un filtrage dans l’application arrive trop tard si le lien amont est plein. À l’inverse, absorber davantage de trafic réseau ne corrige pas une recherche qui déclenche des dizaines de requêtes en base. Il faut mesurer les files d’attente, connexions, temps de réponse, accès au cache et dépendances, en plus du débit.

Une hausse de fréquentation légitime ou une panne d’un service tiers peut produire des symptômes similaires. Comparer le trafic à l’activité attendue et examiner les requêtes dominantes. Le rétablissement du service est prioritaire ; l’attribution de l’attaque peut rester incertaine. Les protections doivent aussi laisser passer les clients légitimes, y compris ceux qui partagent une adresse IP.

Le déroulement en schéma

Qui échange avec quiLisez les échanges de haut en bas. Le point marque le départ et la flèche l’arrivée. Les vérifications après correction ne sont pas la suite de l’attaque.

Faites défiler le diagramme pour suivre les échanges ; les noms des acteurs restent en haut. Sur petit écran, faites aussi défiler de gauche à droite.

Étape
Clients distribuésTrafic entrant
Edge / opérateurLien et filtrage
ApplicationCoût par requête
Base de donnéesPool et calcul
  1. Action

    Trafic et connexions

    Clients distribués vers Edge / opérateur

    Trace Gbps, req/s, état

  2. Action

    Requêtes admises

    Edge / opérateur vers Application

    Trace cache et route

  3. Action

    Travail amplifié

    Application vers Base de données

    Trace 84 appels / recherche

  4. Réponse

    Attente du pool

    Base de données vers Application

    Trace 850 ms

  5. Réponse

    Réponse lente ou erreur

    Application vers Edge / opérateur

    Trace SLO métier

  6. Action

    Limitation ciblée

    Edge / opérateur vers Clients distribués

    Trace effet sur utilisateurs

  7. Action

    Annulation propagée

    Application vers Base de données

    Trace ressources libérées

Comment repérer cette attaque

Indices à rechercher

Repérer la première ressource qui atteint sa limite et les requêtes qui la sollicitent, ainsi que les hausses de latence, erreurs et refus d’accès.

Éléments à croiser

Identifier la première ressource qui sature : lien, connexions ou travail applicatif. Comparer les mesures sur la même période et confronter la hausse au trafic habituel et aux changements déployés.

Limites de l’interprétation

Une panne, une campagne commerciale ou une requête légitime coûteuse peuvent produire des symptômes voisins. Le nombre de requêtes ne mesure ni le débit en bits ni le coût de leur traitement.

Comment réagir

Intervenir sur la ressource saturée : protection opérateur pour le lien, filtrage amont pour les connexions, limitation et cache pour les traitements coûteux. Vérifier que le serveur d’origine n’est pas directement exposé en contournement de la protection prévue. Conserver des mesures utiles sans remplir les disques avec tout le trafic hostile.

Vérifier la correction

Ces contrôles s’adressent à l’équipe responsable du système. Les simulations se préparent dans un environnement de test autorisé ; la lecture du cas ne nécessite aucune manipulation.

  1. Rejouer une charge bornée sur un environnement de capacité connue et mesurer le service métier.
  2. Vérifier qu’une requête annulée libère réellement ses ressources applicatives et SQL.
  3. Tester le parcours légitime derrière un NAT partagé après activation des limites.

À vous de raisonner

Le lien amont est saturé, mais le processeur reste peu utilisé. Pourquoi ajouter un filtre dans l’application risque-t-il de ne pas rétablir le service ?

Formulez votre décision et l’élément qui la justifie avant d’ouvrir la correction.

Comparer avec le raisonnement expliqué

Le trafic sature le lien avant d’atteindre le filtre. La protection doit intervenir en amont avec l’acteur capable de traiter ce volume. Continuez à mesurer le service rendu et les accès légitimes ; si le goulet se situe dans une requête coûteuse, la réponse sera différente.

Consulter les détails techniques

Pour aller plus loin après l’étude du cas : les extraits servent à s’exercer à la lecture des traces ; le guide de collecte aide les personnes qui disposent des outils et des accès nécessaires.

Lire les extraits commentés — reconstitution fictive

Ces extraits utilisent des valeurs fictives. Certains reprennent des champs documentés ; d’autres regroupent plusieurs sources dans un format pédagogique. Ce ne sont pas des exports bruts à retrouver tels quels dans vos outils. Commencez par les champs expliqués, puis retrouvez-les dans les extraits.

db_pool_wait_ms
Mesure de supervision synthétique, pas champ d’un journal HTTP.
p99
Latence dépassée par environ 1 % des observations du périmètre mesuré ; préciser route, période et unité.

Trois profils de saturation

Journal

Les valeurs illustrent des mécanismes distincts, pas des seuils universels.

fenetre  ingress_Gbps req_s conn_actives app_cpu db_pool_wait_ms cache_hit
A        9.8          800   1200         22%     2               94%
B        0.3          900   98000        25%     3               94%
C        0.4          1800  3400         98%     850             12%
C route=/search p99_ms=6200 db_queries_per_request=84
C route=/health p99_ms=18 upstream_errors=0
Préparer une collecte dans votre environnement

Choisissez les sources qui correspondent à vos outils et à votre périmètre d’intervention. Cette liste n’est pas un équipement requis pour comprendre la fiche. Vérifiez que les journaux nécessaires étaient activés pendant la période étudiée. Conservez l’export original, son fuseau horaire et sa provenance dans un espace à accès restreint ; travaillez sur une copie expurgée des secrets.

  1. nginx — journal d’accès HTTP

    Où les trouver
    Sur le frontal, dans le fichier désigné par access_log ; son contenu dépend de log_format. L’hébergeur peut devoir fournir cet export.
    Quoi relever
    Comparer les routes, statuts, débits de requêtes et temps de réponse lorsque le format les conserve. Séparer les erreurs du frontal et celles de l’application ; une route coûteuse peut saturer avec peu de requêtes.
    Accès et prérequis
    Lecture des journaux serveur. Vérifier que la route est journalisée : les temps de réponse et identifiants de requête ne figurent pas forcément dans le format configuré.
    Documentation : nginx — journal d’accès HTTP
  2. Prometheus — séries de mesures

    Où les trouver
    Dans l’interface de requêtes Prometheus ou les tableaux Grafana qui l’interrogent : choisir la période, les métriques exposées et les étiquettes de l’instance, route ou pod concerné.
    Quoi relever
    Aligner trafic entrant, connexions actives, CPU, attente en base et latence par route. Vérifier unité, intervalle d’échantillonnage et étiquettes de chaque série avant de comparer deux courbes.
    Accès et prérequis
    Un exportateur et une collecte doivent avoir existé. Les noms des métriques dépendent de l’instrumentation ; une série de mesures n’est pas un journal de requêtes individuelles.
    Documentation : Prometheus — séries de mesures
  3. Sonde réseau Zeek — conn.log

    Où les trouver
    Sur une sonde déjà placée sur le trajet du trafic, ou dans le collecteur de ses journaux conn.log. Identifier le point d’observation, notamment avant ou après traduction d’adresses.
    Quoi relever
    Comparer adresses, ports, durées et volumes au point d’observation. Si le lien amont est saturé, demander aussi les mesures de l’opérateur : la sonde locale peut ne pas voir tout le trafic rejeté en amont.
    Accès et prérequis
    La sonde doit avoir vu le trafic. uid, adresses, ports, orig_bytes et resp_bytes décrivent les échanges observés ; les octets réseau ne sont pas le contenu d’un document ni son destinataire humain.
    Documentation : Sonde réseau Zeek — conn.log

Dans l’histoire des cyberattaques

Groupes et campagnes documentés

1 repère

Des faits réels pour situer ce mécanisme. Les années sont celles des faits ; chaque notice précise qui établit le lien avec le groupe ou la campagne.

  1. RéseauOpérateurs de Mirai

    Des objets connectés transformés en armée de machines

    Des caméras, routeurs et enregistreurs compromis composent le botnet Mirai. Ses opérateurs l’utilisent pour submerger des services de trafic. La diffusion de son code entraîne ensuite l’apparition de variantes exploitées par d’autres acteurs.

    Ce qu’établit la source. Trois créateurs et opérateurs de la variante initiale ont plaidé coupable en 2017. Mirai désigne un logiciel et ses réseaux de machines, pas un groupe unique derrière toutes les variantes.

    Consulter le rapport Charges and Guilty Pleas in Three Computer Crime Cases Involving Significant DDoS Attacks

    U.S. Department of Justice · Publié le

Sélection de cas documentés, non exhaustive. Une technique peut être utilisée par de nombreux acteurs. Les cas fictifs de la fiche ne sont attribués à aucun de ces groupes.

Si vous pensez être concerné

  1. Contactez l’hébergeur ou l’opérateur avec les heures et symptômes observés.
  2. Activez les mesures prévues et protégez les fonctions indispensables.
  3. Informez les utilisateurs par un canal indépendant du service touché.

Pour qualifier votre situation et être orienté : obtenir une assistance sur 17Cyber. Dans une organisation, prévenez aussi le responsable ou prestataire chargé de la sécurité.

Sources et repères pour approfondir