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Détournement de ressources cloud

Cloud resource hijacking

Un compte ou une clé volée permet d’utiliser, de créer ou d’exposer des ressources cloud.

Révision éditoriale : Comprendre : 2 min · Cas technique et détails : 5 min
Je pense être concerné : que faire ?
Illustration pédagogique : détournement de ressources cloud.

Comprendre et agir

Découvrez le piège à partir d’un exemple, puis les gestes que vous pouvez faire. Vous pouvez suivre cette lecture sans connaissances en informatique.

Une situation concrète

Une clé d’accès publiée par erreur permet à un tiers de créer des ressources dans un compte cloud. Le propriétaire découvre une facture inhabituelle, mais l’attaquant a aussi pu consulter des données ou modifier les droits.

Comment cela fonctionne

Un détournement cloud utilise à mauvais escient les accès ou les réglages d’une plateforme hébergée. Il peut toucher le stockage, les machines, les applications ou l’administration du compte. Le fournisseur peut fonctionner normalement pendant qu’un compte du client est piraté. Les responsabilités varient selon le service : il faut identifier qui protège les comptes, les données et leur configuration.

Comment le piège fonctionne
  1. Un accès cloud est compromis

    Clé, compte ou autorisation trop large.

  2. Des API sont utilisées

    Création, copie ou modification.

  3. Le compte supporte les conséquences

    Données, disponibilité et dépenses.

Les signes qui doivent attirer l’attention

  • Des clés, rôles ou ressources apparaissent sans besoin connu.
  • La consommation et les dépenses augmentent.
  • Des règles de partage ou de journalisation sont modifiées.

Si vous remarquez l’un de ces signes, vérifiez la situation. Un indice isolé ne suffit pas à prouver qu’une attaque a réussi.

Ce que vous pouvez faire

Vos premiers réflexes

Pour un compte d’hébergement personnel, activez la double authentification et les alertes de dépenses. Ne publiez pas vos clés d’accès dans un dépôt ou un document partagé.

Si vous êtes responsable du service ou de l’organisation

Limitez les droits des identités et conservez les journaux dans un espace protégé. Après une alerte, inspectez toutes les régions et ressources accessibles à la clé compromise.

Un point à vérifierUne idée reçue à corriger

Arrêter une machine suspecte ne retire pas une clé cloud encore valide.

À vous de décider

Vous supprimez les machines créées par l’intrus. Pourquoi peut-il en créer d’autres ?

Prenez un moment pour répondre et expliquer votre choix, puis ouvrez la correction.

Voir la réponse expliquée

La clé ou le compte de l’intrus peut être encore valide. Retirez cet accès et les permissions ajoutées, en plus de supprimer les ressources non autorisées.

Analyser un cas technique

Ce cas s’adresse aux personnes qui développent, administrent ou analysent ces systèmes. Si vous découvrez le sujet, commencez par « Comprendre et agir ».

Étude de cas fictive

Une session cloud temporaire crée un accès durable

La session du rôle BuildRole crée une clé pour un ancien compte d’automatisation. La session est temporaire ; la clé peut, elle, rester valide après son expiration. Recherchez les identités et les secrets créés avant de considérer que la fermeture de la première session a retiré tous les accès.

Il faut remonter de l’action d’administration à la session assumée, puis à l’identité qui l’a obtenue. L’émetteur de session, les politiques du rôle et les conditions de confiance servent à comprendre les droits réellement disponibles. Le nom du rôle ou de la clé n’établit pas leur légitimité. Une opération réalisée par une chaîne CI peut être normale, tout comme elle peut résulter d’un secret CI volé.

Les journaux d’administration montrent la création de clés et les changements de permissions. Ils ne couvrent pas automatiquement toutes les lectures d’objets ou de données. Vérifier la collecte des événements de données avant de conclure qu’aucune information n’a été consultée. Étendre l’enquête aux comptes, régions et services accessibles avec les nouvelles permissions.

Le déroulement en schéma

Qui échange avec quiLisez les échanges de haut en bas. Le point marque le départ et la flèche l’arrivée. Les vérifications après correction ne sont pas la suite de l’attaque.

Faites défiler le diagramme pour suivre les échanges ; les noms des acteurs restent en haut. Sur petit écran, faites aussi défiler de gauche à droite.

Étape
Job ou clientIdentité initiale
AWS STSSession temporaire
IAMPermissions et clés
Ressource S3Accès aux données
  1. Action

    AssumeRole ou fédération

    Job ou client vers AWS STS

    Trace événement STS

  2. Réponse

    Session BuildRole émise

    AWS STS vers Job ou client

    Trace ARN et sourceIdentity

  3. Action

    CreateAccessKey

    Job ou client vers IAM

    Trace eventID evt-42

  4. Réponse

    Clé persistante créée

    IAM vers Job ou client

    Trace objet IAM

  5. Action

    Accès objet à rechercher

    Job ou client vers Ressource S3

    Trace événements de données

  6. Action sur place

    Correction des politiques

    IAM

    Trace état approuvé

  7. Refus / blocage

    Test des anciens accès

    Job ou client vers Ressource S3

    Trace refus attendu

Comment repérer cette attaque

Indices à rechercher

Surveiller les créations de clés, les nouvelles relations de confiance, les extensions de permissions et les accès aux données par des sessions inhabituelles.

Quelles informations comparer

Suivre le principal et la session qui créent un nouvel accès, puis les opérations réalisées avec cet accès. Rapprocher les identifiants non secrets disponibles ; ne jamais collecter la clé secrète elle-même.

Ce que ces indices ne permettent pas de conclure

sourceIPAddress peut être celle d’un proxy ou d’un service AWS. Une opération tentée avec errorCode n’est pas une création réussie ; l’identité affichée peut être un rôle, pas la personne à l’origine de la fédération.

Comment réagir

Désactiver les clés créées illicitement, restaurer les politiques à partir d’un état fiable et traiter les sessions temporaires selon les mécanismes du service. Corriger la relation de confiance CI et le moindre privilège avant relance. Inspecter les autres régions, comptes et ressources accessibles au rôle, sans supposer que l’incident reste dans la région de l’alerte.

Vérifier la correction

L’équipe responsable du système peut utiliser ces contrôles dans un environnement de test autorisé. Vous pouvez lire et comprendre le cas sans effectuer ces manipulations.

  1. Dans un compte de test, vérifier qu’un rôle de build ne peut créer aucune clé IAM.
  2. Contrôler la collecte des événements de données sur les ressources réellement sensibles.
  3. Tester les anciens identifiants après confinement et vérifier la continuité du déploiement légitime.

À vous de raisonner

La session temporaire compromise expire, mais elle a créé une clé d’accès. L’expiration suffit-elle à fermer l’incident ?

Quelle décision prendriez-vous, et sur quel indice vous appuieriez-vous ? Répondez avant d’ouvrir la correction.

Comparer avec le raisonnement expliqué

Non : la clé peut rester utilisable. Recherchez les identités, clés et permissions créées, retirez les accès concernés et vérifiez leur refus. Contrôlez séparément la couverture des lectures de données ; un journal d’administration silencieux ne prouve pas qu’aucun objet n’a été lu.

Consulter les détails techniques

Les extraits permettent de s’exercer à lire les traces du cas. Si vous disposez des outils et des accès nécessaires, le guide de collecte vous aide aussi à rechercher ces informations.

Lire les extraits commentés (reconstitution fictive)

Ces extraits contiennent des valeurs fictives. Certains champs correspondent à ceux des outils documentés ; d’autres réunissent plusieurs sources pour faciliter l’explication. Vos propres exports pourront donc avoir une autre forme. Lisez d’abord les explications des champs, puis repérez-les dans les extraits.

sessionIssuer
Rôle ayant fourni la session temporaire, pas automatiquement identité humaine.
requestParameters
Paramètres de la demande : à lire avec le résultat et les erreurs éventuelles avant de conclure qu’elle a abouti.

Identité de session dans un événement CloudTrail

JSON

Extrait synthétique volontairement réduit ; conserver eventID, eventTime et l’événement complet dans l’enquête.

{
 "eventSource":"iam.amazonaws.com","eventName":"CreateAccessKey",
 "eventID":"evt-42","eventTime":"2026-09-17T10:02:00Z",
 "userIdentity":{
  "type":"AssumedRole","principalId":"ROLEID:build-17",
  "arn":"arn:aws:sts::111122223333:assumed-role/BuildRole/build-17",
  "sessionContext":{"sessionIssuer":{"arn":"arn:aws:iam::111122223333:role/BuildRole"}}
 },
 "requestParameters":{"userName":"automation-legacy"},
 "sourceIPAddress":"198.51.100.24"
}
Préparer une collecte dans votre environnement

Utilisez les sources disponibles dans vos outils et auxquelles vous êtes autorisé à accéder. Vous pouvez comprendre la fiche sans posséder ces outils. Vérifiez que les journaux étaient activés pendant la période étudiée. Gardez l’export original avec son fuseau horaire et sa provenance dans un espace à accès restreint. Pour l’analyse, travaillez sur une copie dont vous avez retiré les secrets.

  1. AWS — événements CloudTrail

    Où les trouver
    Console CloudTrail → Event history pour les événements de gestion disponibles ; pour une collecte plus large, consulter le trail ou l’event data store réellement configuré.
    Quoi relever
    Lire eventTime, eventSource, eventName, eventID, userIdentity, sourceIPAddress, requestParameters et errorCode s’il existe. Pour un rôle assumé, examiner aussi sessionContext et sessionIssuer.
    Accès et prérequis
    Droits de lecture AWS. Les événements de données, notamment les lectures d’objets S3, nécessitent une collecte dédiée : leur absence dans Event history ne prouve pas qu’aucun objet n’a été lu.
    Documentation : AWS — événements CloudTrail
  2. Microsoft Entra ID — Sign-in logs

    Où les trouver
    Centre d’administration Entra → Entra ID → Monitoring & health → Sign-in logs. Examiner séparément les connexions interactives, non interactives et celles des applications si elles sont concernées.
    Quoi relever
    Si AWS est fédéré à Entra, rapprocher la connexion au fournisseur d’identité de l’obtention de la session cloud. Pour un autre fournisseur, demander ses événements de fédération équivalents.
    Accès et prérequis
    Rôle de lecture adapté, par exemple Reports Reader. Vérifier la période conservée et les exports disponibles ; une session applicative n’engendre pas nécessairement une nouvelle connexion Entra.
    Documentation : Microsoft Entra ID — Sign-in logs

Dans l’histoire des cyberattaques

Groupes et campagnes documentés

2 repères

Ces cas réels montrent où ce mécanisme a été observé. Les années indiquent quand les faits ont eu lieu. Chaque notice précise la source qui les relie à un groupe ou à une campagne.

  1. à
    GroupeTeamTNT

    Des ressources cloud utilisées pour miner

    Unit 42 décrit le vol d’identifiants cloud puis l’installation de mineurs de cryptomonnaie dans les systèmes compromis. Les attaquants détournent les accès et utilisent une puissance de calcul dont la victime paie la facture.

    Ce qu’établit la source. Campagnes attribuées à TeamTNT par Unit 42. Les chercheurs distinguent les identifiants recherchés par les outils et les usages qu’ils ont effectivement observés.

    Consulter le rapport TeamTNT Operations Actively Enumerating Cloud Environments

    Palo Alto Networks Unit 42 · Publié le

  2. GroupeStorm-0558

    Noms et appellations : Antique Typhoon depuis 2024 chez Microsoft

    Des jetons falsifiés donnent accès à des messageries

    À partir de mai 2023, des attaquants utilisent des jetons d’authentification falsifiés pour lire les courriels de plusieurs organisations. Le contrôle d’accès est trompé au niveau de la signature et de sa validation.

    Ce qu’établit la source. Microsoft attribue l’opération à Storm-0558. Il s’agit de jetons de services cloud, pas de tickets Kerberos : les deux mécanismes ne doivent pas être confondus.

    Consulter le rapport Analysis of Storm-0558 techniques for unauthorized email access

    Microsoft · Publié le

Cette sélection ne couvre pas tous les incidents. Plusieurs acteurs peuvent utiliser une même technique. Les exemples fictifs de la fiche ne décrivent les actions d’aucun de ces groupes.

Si vous pensez être concerné

  1. Révoquez les accès compromis depuis une identité fiable.
  2. Inventoriez les ressources et droits créés avant leur suppression.
  3. Examinez données, facturation et mécanismes de persistance.

Pour comprendre votre situation et trouver de l’aide : obtenir une assistance sur 17Cyber. Dans une organisation, prévenez aussi le responsable ou prestataire chargé de la sécurité.

Sources et repères pour approfondir