TV connectées : le suivi publicitaire s’invite dans le salon
Dans une enquête publiée le 29 octobre par Le Point, le chercheur connu sous le pseudonyme log4j affirme avoir découvert des fonctions de profilage poussées dans le logiciel de son téléviseur Samsung. Il évoque notamment l’analyse de sons du foyer et le recours possible aux micros d’accessoires connectés, des accusations qui demandent une vérification indépendante.
Samsung présente de son côté la reconnaissance automatique des contenus, ou ACR, comme une fonction facultative, soumise au consentement et désactivable dans les réglages. Ce procédé produit une empreinte du son ou de l’image affichée, comparée à un catalogue pour identifier le programme et renseigner les habitudes du spectateur. Des travaux universitaires présentés en 2024 ont montré que ce suivi pouvait aussi concerner des contenus provenant d’un ordinateur branché en HDMI.
Plus récemment, l’étude Watching the Watchers, menée sur douze téléviseurs, a relevé chez Samsung et Vizio un trafic compatible avec l’ACR après le refus du suivi. Le chiffrement des échanges empêche toutefois les chercheurs de confirmer leur contenu exact et leur éventuelle conservation sur les serveurs. Ces résultats concernent les appareils et logiciels testés aux États-Unis, sans pouvoir être étendus à tous les modèles vendus en France. Ils ne démontrent pas non plus les accusations d’écoute ambiante rapportées par Le Point.
Pour les spectateurs, l’enjeu est très concret : pouvoir profiter de son téléviseur avec des choix compréhensibles et un refus du suivi réellement respecté.
