Véhicules connectés : la CNIL encadre l’usage des données de localisation

30 juin 2026Par RsynC
Véhicules connectés : la CNIL encadre l’usage des données de localisation

Les véhicules connectés ne se contentent plus de rouler : ils produisent aussi des données. Position du véhicule, horaires de trajet, usages ou services activés peuvent être collectés pour l’assistance, l’autopartage, la navigation ou la lutte contre le vol. Mais mal encadrées, ces informations peuvent révéler des habitudes de vie très précises.

La CNIL a publié le 30 juin 2026 une recommandation dédiée aux données de localisation des véhicules connectés utilisés par des particuliers. Elle vise les constructeurs, loueurs, gestionnaires de flotte, fournisseurs de boîtiers télématiques et agrégateurs de données. Son message est simple : la géolocalisation ne doit pas devenir un suivi permanent par défaut.

Ce que rappelle la CNIL

Pour l'autorité, les données de localisation sont hautement personnelles. L'historique des trajets peut révéler un domicile, un lieu de travail, des habitudes, des lieux de soin, des pratiques religieuses ou des centres d'intérêt. En cas de fuite ou d'accès malveillant, ces informations peuvent aussi exposer directement les personnes.

La recommandation insiste donc sur trois principes pratiques : collecter moins, conserver moins longtemps, expliquer mieux. Une entreprise ne peut pas enregistrer des positions « au cas où ». Chaque usage doit correspondre à une finalité précise, compréhensible et proportionnée. Dans certains cas, la dernière position du véhicule suffit ; conserver tout l'historique des déplacements serait excessif.

Ce qui change pour les utilisateurs

Les professionnels doivent rendre leurs pratiques lisibles : quelles données sont collectées, pour quelle raison, pendant combien de temps, qui peut y accéder et comment exercer ses droits. La CNIL encourage aussi des dispositifs visibles, comme des icônes, autocollants ou QR codes donnant accès à l'information utile.

Le consentement reste central pour les services optionnels. Un conducteur doit pouvoir refuser ou désactiver certains traitements, notamment lorsqu'ils ne sont pas indispensables au fonctionnement du véhicule. La CNIL cite aussi l'intérêt de profils utilisateurs authentifiés, afin de distinguer les données de plusieurs conducteurs d'un même véhicule, sans rendre cette identification obligatoire.

Pourquoi c'est important

Le véhicule connecté devient un objet numérique comme un autre, mais avec une différence majeure : il transporte des données de déplacement. Pour RsynC, cette recommandation confirme un point essentiel de souveraineté numérique : les services connectés ne doivent pas transformer l'usage ordinaire d'un véhicule en collecte continue et opaque.

Pour les particuliers, le bon réflexe est de vérifier les réglages de confidentialité, désactiver les services non nécessaires et effacer les données stockées avant une revente, une restitution de location ou un prêt prolongé. Pour les professionnels, l'enjeu est désormais de prouver que la localisation est réellement nécessaire, limitée et sécurisée, dès la conception du service.

Sources